JUILLET
JUIN
1. Valse avec Bachir ++++
2. JCVD
+++
3. Speed Racer +++
MAI
1. Un Conte de Noël ++++
2. Indiana Jones +++
3 . Rec
+++
AVRIL
1. Désengagement ++++
2. Passe Passe ++
3. Mongol +
MARS
1. L'heure d'été ++++
2. There will be blood ++++
3. J'ai toujours rêvé d'être un gangster ++
FEVRIER
1. Cloverfield ++++
2. Les Liens du sang +++
3. Rambo +++
JANVIER
1. Death sentence ++++
2. No country for old men ++++
3. Sweeny Todd +++
DECEMBRE
1. La nuit nous appartient +++
2. I'm not there +++
3. Elisabeth II
++
Bientôt ici des pages consacrées à Julien Baete, artiste.



David Alan Kepesh, professeur de littérature comparée, se métamorphose en sein. Tout commence par une tache sur le pénis et se
termine par un énorme sein de six pieds de long qui se tient sur un hamac dans une chambre d'hôpital. N'importe qui serait désamparé par cette situation. David a appris tout au long de sa
carrière et de ses psychanalyses à mettre un pied devant l'autre.
Les écrivains américains sont des hommes. James, Hemingway, Faulkner, Miller ont tous renié cette sensibilité féminine attribuée aux
européens. L'écrivain américain affirme sa virilité, le héros américain est soldat, boxeur, chasseur. Or, le héros de Philip Roth est un sein. Faudrait-il, dès lors, voir dans cette fable
l'affirmation d'une possibilité d'être femme au monde ?
La question "d'être au monde" est dans tous les cas posée. S'il s'agit d'un position bisexuelle, Le Sein montre à quel point cela conduit à un numéro d'équilibriste très difficile
et pourtant tellement ancré. S'il s'agit d'une position où l'homme est réduit à aucune possibilité d'intervention alors la fable nous conduit à une réflexion très sensible où toutes les portes de
l'humanité se ferment.
La fable de Philip Roth est un régal de lecture. L'auteur est capable de tenir dans la même phrase un
sentiment hautement tragique et burlesque à la fois. La situation d'être un sein est impossible, oppressante, et comique. Les sentiments se mélangent et font vivre au lecteur l'indécision du
héros.
Progressivement le héros découvre une manière essentielle d'être à la vie dont nous faisons par moment l'expérience et que la phrase suivante illustre parfaitement : "Comme étudiant, comme professeur, j'ai vécu la littérature comme une chose inévitablement contaminée par ma volonté de m'améliorer et par la responsabilité de m'exprimer avec
sérieux ; ou bien j'étudiais, ou bien j'enseignais. Mais les responsabilités appartiennent maintenant au passé, je peux enfin simplement écouter."
Ce que j'aime beaucoup dans les romans de Philip Roth est cette impression d'être en deux ou trois mots dans un univers où l'on se sent bien. L'écriture est belle, le propos est riche, l'intrigue
est prenante. Il n'y a aucune raison d'abandonner un roman de Roth. Celui que j'ai préféré est sans doute La Tache. C'est un livre que je vous conseille vivement. Il est impossible de
l'oublier.
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