JUILLET
JUIN
1. Valse avec Bachir ++++
2. JCVD
+++
3. Speed Racer +++
MAI
1. Un Conte de Noël ++++
2. Indiana Jones +++
3 . Rec
+++
AVRIL
1. Désengagement ++++
2. Passe Passe ++
3. Mongol +
MARS
1. L'heure d'été ++++
2. There will be blood ++++
3. J'ai toujours rêvé d'être un gangster ++
FEVRIER
1. Cloverfield ++++
2. Les Liens du sang +++
3. Rambo +++
JANVIER
1. Death sentence ++++
2. No country for old men ++++
3. Sweeny Todd +++
DECEMBRE
1. La nuit nous appartient +++
2. I'm not there +++
3. Elisabeth II
++
Bientôt ici des pages consacrées à Julien Baete, artiste.



J'ai vu un film émouvant et boulversant : L'Heure d'été d'Olivier Assayas. Une famille doit gérer un héritage. Cet événement
est souvent tabou car les familles ont tendance à mal le vivre et c'est souvent l'occasion de heurts et de réglements de compte. Dans nos familles nous parlons rarement des héritages de manière
ouverte et détendue. En effet le réglement de l'héritage est souvent un moment où la famille se réunit après s'être un peu dispersée. Chacun a évolué, fait ses choix, pris des options et il
faut confronter tout cela tout en réglant l'héritage financier, culture, affectif et psychologique des ascendants. Il n'est pas étonant alors que le réglement de l'héritage soit le point nodal da
la vie de famille dans le temps.

Regardez cette photo, elle est magnifique. Les frères, les soeurs, les belles-soeurs, les enfants, les grands-parents. Chacun
parle du superflu, plaisante, chamaille, mange et boit. Chacun se regarde avec beaucoup d'attention, s'épie, se jauge. Il y a le bonheur d'être ensemble et la tension de la vie quotidienne qui
fait que nous ne sommes plus tout à fait de cette famille mais d'une autre qui se constitue.
Malheureusement la vie n'est pas un long fleuve tranquille, c'est une dialectique, des affrontements inévitables, des règlements (dans les deux sens du terme). Le film pose la question suivante :
que faire d'un passé qui pèse sur les élans et les nécessites du présent ?
Je reprends ici des idées des Cahiers du cinéma du mois de février qui publie encore une fois un article très éclairant.
Le film d'Olivier Assayas propose une possibilité originale. Non pas inédite, mais qui dans les choix que font les cinéastes habituellement,ne cède pas à la facilité. La famille ici
n'assume ni ne détruit l'héritage mais s'en débarasse avec dignité en "organisant la conservation muséale du patrimoine". Autrement dit la maison ne sera pas réhabitée mais vendue. Il n'y aura
pas ici de conflits ni d'hystérie familiale. Olivier Assayas refuse la dramatisation. Cette tonalité inhabituelle permet d'explorer des nuances nouvelles. Malheureusement, et c'est le revers,
l'absence de conflit crée une certaine atonie, une fadeur, qui est celle des bourgeois d'aujourd'hui, faibles et étriqués.
Cette lecture est aussi une critique de notre société. L'évolution économique est peu soucieuse du passé.La justesse et le concensus créent un "fatalisme gris de la moyenne bourgeoise". L'homme
moderne est un homme qui est "le gestionnaire docile de l'adaptation" (Chales Berling).
Il y a bien d'autres choses à observer dans ce film qui déborde de nuances : une opposition entre la chaleur de l'été et la froideur des musées, des experts, un conflit entre les valeurs d'usage
et les valeurs d'art, une attention donnée aux choses et non aux caractérisations des personnages, une critique du temps et de la modernité, une esthétique toute taïwanaise revendiquée par
Assayas.
Personnellement j'ai trouvé que le traitement du sujet était extrêmement subtil. Le cinéaste emploie des ficelles invisibles qui font de ce récit un véritable bijoux.
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