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Julien Baete

julien-baete.jpgBientôt ici des pages consacrées à Julien Baete, artiste.

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Francis Moreeuw

Francis Moreeuw est un artiste lillois. Allez voir son site.
Ci-dessous une partie de la  série des "Saint Georges"
(1 ; 2 ; 4 ; 5). Vous voyez ici seulement la partie gauche du tableau.








































































































Images Aléatoires

Vendredi 4 avril 2008

Ecrire signifie que l'on s'interroge sur la raison qui nous pousse à vivre. C'est  comme le dit si bien le poéticien Burgos, [une]  réponse cherchée dans l'espace aux angoisses de l'homme devant la temporalité. Isabelle Serça, dans l'admirable revue Poétique (n°153), questionne l'écriture proustienne et sa relation au temps. Il s'agit de démontrer qu'il y a un lien intime entre le style et notre rapport à la vie, au temps.



Le rythme est le facteur commun à tous les arts. Selon Platon le rythme est l'ordonnance du mouvement. Il y a toujours du rythme dans une oeuvre.  Isabelle Serça commence par interroger la ponctuation dans La Recherche, à commencer par le point. La ponctuation a cet orginalité d'être à la croisée entre l'espace et le temps. punctum signifie d'abord piqûre avant de vouloir dire "moment précis". Le point donne une  forme au temps. Chez Proust le point a toujours du mal à arriver. Excusez-moi de formuler ces idées aussi prosaïquement. C'est ainsi, tout est fait dans la phrase proustienne pour que le point soit reculé. Voici un exemple parmi des milliers :

Et après avoir repris quelque force, je revenais vers l'hôtel, vers l'hôtel où je savais qu'il étais désormais impossible que, si longtemps dussé-je attendre, je retrouvasse ma grand-mère, ma grand-mère que j'avais retrouvée autrefois, le premier soir d'arrivée. (Sodome et Gomorrhe, t. III, p. 169)

La phrase se développe par multiplication, ou par efflorescence ou mieux encore par germination. Julien Gracq dirait "bourgeonnement intime".

Il suffit de voir comment Proust utilise les parenthèses, innombrables. Elles sont des intercalages qui permettent de s'engouffrer encore plus dans d'autres mondes toujours indispensables.

Je reprends ici les formulations d'Isabelle Serça :

L'écriture proustienne est ainsi une écriture sur le fil. Le cadre de la phrase étiré jusqu'à la rupture est dans le même temps écartelé par ces intercalages, qui mettent à ma sa linéarité. [...] La phrase ne se clôt pas, et le funamblule -ou le lecteur- ne retombe pas sur ses pieds : il flotte en l'air, soutenu par des ballons, les parenthèses.

La stylisticienne dit aussi que les parenthèses sont maternelles. Elles enveloppent le temps, les périodes (terme de rhétorique qui signifie une étendue précise de mots) comme les bras d'une mère qui entoure son enfant : la parenthèse cocon en relation avec la figure de l'écrivain asthmatique calfleutré dans son appartement.

la parenthèse échappe aux lois de la phrase qui l'accueille. Elle confère à l'habitant qui l'occupe "l'immunité diplomatique" propre à cet espace inviolable.

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