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Julien Baete

julien-baete.jpgBientôt ici des pages consacrées à Julien Baete, artiste.

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Djamel Tatah

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 











Francis Moreeuw

Francis Moreeuw est un artiste lillois. Allez voir son site.
Ci-dessous une partie de la  série des "Saint Georges"
(1 ; 2 ; 4 ; 5). Vous voyez ici seulement la partie gauche du tableau.








































































































Images Aléatoires

Samedi 19 avril 2008

Je poursuis ma lecture de Grammaires de la création de George Steiner. Approfondissant son exploration du chaos, le sixième paragraphe du premier chaptire interpelle la possibilité du non-être. La grammaire exprime l'existence dans le prédicat, dans le être qui est présent dans preque tous les verbes. Le langage s'oppose à l'expression du non-être. Le poète Yeats s'interroge : Pourquoi m'avoir imposé de vivre ? Qui ne s'est pas un jour demandé s'il ne pouvait pas plutôt rien y avoir ?

Quels que soient nos devenirs nous finissons. Selon Levinas, seul l'altruisme peut adoucir la terreur de l'existence. Pour Steiner il s'agit là d'une dérobade. A la manière du Roi Lear nous sommes des hôtes importuns.

L'art pose la question d'une manière plus facile : Qu'en est-il des responsabilités du créateur envers sa production ? Selon Luckas, l'artiste est responsable de son oeuvre et de ses abus jusqu'à la fin des temps. Malheuresement l'art est devenu un ornement des barbaries.

Job ne pose pas la question de la justice, mais celle du sens. Job se demande si Dieu est débile ou sadique, s'il est un "Dieu sans Dieu" pour reprendre l'expression de Karl Barth. Job annule la Genèse : périsse le jour où j'allais être enfanté et la nuit qui a dit : Un homme a été conçu !". Le cosmos est ici maudit. Un immension pourquoi jaillit de la bouche de Job, la cendre défit la flamme. Dieu répond en une litanie de questions. Où était Job quand le cou du cheval a été revétu d'une crinière ? Ce langage permet à Job de voir Dieu à travers un acte d'écoute.Claudel s'insurge contre la réponse de Dieu : "quelle déception ! L'architecte nous promène d'un plan à l'autre de ses constructions." Selon Buder la création est une réponse possible : "La création du monde est justice : non pas une justice qui récompense et compense, mais une justice qui distribue et donne. La création elle-même signifie déjà communication entre créateur et créature."

La réponse de Dieu est pour Steiner la théorie même de l'art pour l'art en tant que création pour la création, car la seule objection de Dieu a la question de Job est "la création", l'impertinence festive. L'artiste qu'est Dieu ne saurait même contenir dans son immensité les pressions de la créativité. S'il y a quelque chose plutôt que rien c'est qu'il excède son être solitaire. Nietzsche résume "l'art dit oui.Job dit oui."

 

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Samedi 19 avril 2008
Excusez-moi ce titre impossible. Je reprends aujourd'hui ma lecture de Grammaires de la création de George Steiner et j'essaie de comprendre le cinquième paragraphe du premier chapitre. Le lecteur explore les récits de création hébraïque, hellénique et nietzschien pour comprendre le lien qu'il y a entre le néant et la création.

Je prends le temps de reciter des vers de John Milton dans Paradis perdu. Ce texte est un long poème épique en douze parties qui retrace la genèse de l'histoire biblique. Avec George Steiner le point de départ de la réflexion est toujours le texte intériorisé, comme s'il était écrit dans l'âme du lecteur.

Les secrets du vieil abîme : océan sombre
Et illimité, sans borne,
Sans dimension ; où longueur, largeur, hauteur,
Temps et espace sont perdus, où la vieille Nuit
Et le chaos, ancêtres de la nature, maintiennent
Une éternelle anarchie, parmi le bruit
De guerres éternelles, et se soutiennent par la confusion.

(John Milton, Paradis perdu, trad. P. Messiaen, Aubier, 1971, p. 114-155 )

Selon Steiner - je suis effrayé à l'idée de restituer sa pensée - le chaos qui précède la création est toujours présent dans la création. Il y a une continuité du néant primordial. Dieu est vide, comme l'artiste, post coitum. Par conséquent j'entends que si le chaos précède la création, il la contamine.

L'art illustre ce propos. Dans la forme réside une tristesse, une trace de la perte. Quand le sculpteur entame une pierre il détruit des potentialités dans cette pierre. Milchel-Ange est presque obsédé par cette nostalgie du sommeil dans le marbre avant le ciseau.


La création est un acte de langage rhétorique, littéral. [...] Créer un être, c'est le dire. Créer un être c'est aussi s'en séparer. Quand Dieu dit que cela était bon (Gn 1) il prend des distances avec l'être créé. Le déluge est une manière de revenir sur la toile avec un couteau de palette. Le créateur n'est pas avec sa création et il est en même temps juge impitoyable. La création informera tant le prologue que l'épilogue.

Si la lecture hébraïque de la création est une rhétorique, celle des cosmogonies grecques est une "érotique". Pour les grecs le chaos est un "accroc", une "déchirure" violente, comme pour un linge. Le grec n'a pas de mot satisfaisant pour désigner un ex-nihilo absolu. Ce manque peut expliquer la gêne des philosophes grecs pour tout ce qui est irrationnel. Ce qui est inconcevable est inexprimable. Le chaos se trouve hors de la grammaire et, en conséquence, ne saurait jamais être élucidé.[...] La création devient procréation, elle est l'actualisation d'une fécondité érotique, d'un commerce sexuel à l'échelle cosmique. Platon laisse entendre que le chaos est mâle.

Après le modèle hébraïque et le modèle grec, George Steiner s'intéresse à celui de Nietzsche. Selon ce dernier la Divinité a créé notre univers dans un moment d'inadvertance, d'absence. Un lien peut être ici fait entre l'acte créateur et les suspensions de l'intentionnalité dans le processus artistique : songeries, rêves, narcotiques... Le poète n'est ici plus lui-même, il est un médium. Le hasard a sa place dans les oeuvres achevées : le ticket de métro qui s'est détaché de la brosse de Braque pour rester dans le collage. Cette inadvertance a des conséquences terribles. Si l'étourderie a sa place dans la création n'est-ce pas par elle que le mal s'est infiltré dans la création ?
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Samedi 19 avril 2008
J'ai lu dans la revue Poétique (et oui, encore et toujours - une des meilleures revues d'analyse de textes à mon sens) une lecture croisée des poèmes de Rimbaud Le Bateau ivre et La Comédie de la soif. Le poéticien, Laurent Zimmermann, lit dans ces deux poèmes une invitation à considérer la poésie comme un papillon qui se donne par sa beauté et nous échappe sans cesse par sa course pétillante. Vous trouverez dans les parcours poétiques ci-contre un résumé de cet article.



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