J'ai enfin découvert une histoire de la littérature qui est à la fois bien documentée et agréable à lire :

Souvent les "histoires..." pèchent par leur trop grande érudition qui les rend imbuvables ou alors sous prétexte d'être accessibles sont trop sommaires voire inexactes. Combien d'études imaginent
qu'il n'y pas de production littéraire au début et à la fin d'un siècle, tout se concentrant autour d'un ou deux mouvements. L'étude séculaire induit forcemment des impasses. Cette histoire
ci, en plus d'être abordable, permet de comprendre les mécanismes qui ont produit notre patrimoine. C'est une histoire des poétiques, et j'aime beaucoup la poétique : l'histoire des singularités
créatrices. Rien n'échape aux chercheurs : les styles, les lexiques, les grammaires, les réceptions, les productions, les événements, les tensions, toutes les problématiques.
J'ai déjà dit ici que Réelles présences de George Steiner était mon livre de
chevet depuis quelques mois. J'aimerais écrire un article critique sur les problématiques que le livre soulève, sur l'écriture et le style de George Steiner car évidemment il y a une singularité,
sur le thème du silence, thème qui m'habite et me construit depuis plus de vingt ans maintenant.
Je n'ai pas beaucoup de minutes devant moi, je vous laisse avec cette citation, et j'espère revenir plus longuement avant la fin de l'année :
L'être véritablement "humain", l'homme ou la femme les plus ouverts aux sollicitations de l'éthique ou du spirituel, sont ceux qui gardent le silence devant
l'essentiel (ou dont la conduite rigoureuse constitue l'authentique mode d'affirmation). La meilleure part de l'humain en nous, face à l'inexprimable qui se montre mais ne peut se dire, face à ce
dont on ne peut parler, doit se taire (expression grosse de sens). p 132 de l'édition de poche
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