Les interrogations de George Steiner m'ont toujours considérablement marqué. Pour découvrir ce philosophe/lecteur je vous conseille le
Cahier de l'Herne qui lui est consacré : intéressant, édifiant, spectaculaire, instructif et éclairant. La principale interrogation de George Steiner se résume par ce scandale : comment
penser le monde, la société, la culture après Dachau, Birkenau, Auschwitz ?

Aujourd'hui je songe aux lumières. L'idée que le siècle des philosophes a contribué à la théorisation des génocides du vingtième siècle est largement répendu. La sécularisation progressive des
pensées, le doute systèmatique, l'attention portée aux actions plutôt qu'au ciel, ont conduit les hommes vers le fanatisme, le pragmatisme, et le doute systématique. L'attention portée aux
hommes sans Dieu, aux expériences auraient exacerbé le sentiment national : nous ne sommes plus sujet du roi mais construisons nous-mêmes notre propre nation. Ainsi serait né en partie le terreau
des totalitarismes nationalistes.
En lisant un article de Tzevan Todorov dans le magasine littéraire consacré aux lumières je me suis apperçu que les philosophes étaient conscients de ce risque. Que ce soit Voltaire et Rousseau,
l'avertissement que tout progrès était suivi d'une régression était clairement énoncé. Le discours était celui de la tolérance, de l'objectivité, et de la mise en valeur des différences. Les
périodes de régression sont à anticiper et ne devraient pas contraindre les hommes à refuser le progrès, au contraire.
Ce discours, énoncé ici de manière simpliste, m'encourage à participer aux progrès de nos sociétés. Il ne faut pas désespéré de l'homme. L'homme est par nature en mouvement, et dire qu'il ne peut
pas changer c'est le résumer à son statut d'animal, car seul l'animal ne peut se projeter dans un espace/temps différent du sien. Je pense qu'il est urgent de résister aux réactions
actuelles et d'aller d'emblée vers ce qui nous apporte du mieux pour chacun malgré ce que notre vingtième siècle a vécu et j'espère vaincu.
Je vous présente mon nouveau bébé
Champion de France
Il va falloir que je m'achète une nouvelle voiture, ou peut-être un
camion, ou alors un train...
Depuis quelques semaines je lis de moins en moins et j'écris de plus en plus. C'est devenu une nécessité, pas besoin de faire le moindre effort, c'est un réflexe. Parfois je ne fais pas attention à
ce que je fais et j'ai le crayon de bois entre les doigts. Le soir je me couche vers minuit et à cinq heures je m'apperçois que mon portable est toujours au bout des mains ; et je tape
frénétiquement. J'ai toujours quelque chose à écrire et quand je n'écris pas je réécris au-dessus, j'enlève des morceaux, de mots, des lettres, des virgules... L'écriture est devenu une
respiration. Je ne raconte que des histoires croyables, à travers poèmes, récits, dialogues, vers le plus souvent.
J'aime travailler l'anglais et l'hébreu, j'écris là aussi, je cherche, je consulte les dictionnaires, j'écoute les mots, j'adore ça. Souvent, le soir je me passe un film en vo, je me le passe
plusieurs fois sur plusieurs soirées pour saisir les expressions, les accents.
- Toi, malebête malévole,
Cigare, foie gras, auréole,
Abreuvé de traîtrise, honte,
Calvados, portos, jeux, ponte.
- Toi, où es-tu vaine cohorte ?
Ariel invisible porte ?
Qui gratte la terre, un mâle ?
Où es-tu qui es acéphale ?
- Et Toi ! Ta large tête blonde,
Agacée, pieuse, profonde,
Attache à mon devenir,
Hallucinations, désirs.
- Toi, tempête, éclair de neurones
Argent, poussières tu donnes,
Absence de langage, sourd,
De mourir tu passes ton tour. (ouf)
- Toi et Moi expédition,
Au-dessus des toits de Sion,
Où dix ans nous avons fuit
Dans l'attente du jour qui suit.
Je me permets de vous rappeler que ce soir il y a le vernissage de l'exposition "laps2" rue des Archives, angle rue de la Halle. J'y suis retourné et je trouve qu'il y a des oeuvres percutantes,
belles, et en nombre.
Je vous invite spécialement ce soir à venir au bar de l'Ecart (Lille, rue Jeanne d'Arc, derrière le palais des Beaux Arts), Les Blaireaux organisent une soirée cool, sans spécialement de
concert, juste une soirée pour passer un moment sympa. Ils présentent leur nouvel album mais ne joueront a priori pas, c'est juste pour être ensemble. Si vous aimez la chanson française parigotte
vous aimerez ce groupe qui s'est donné comme mission de bien s'amuser. Le groupe commence à être connu et à investir des salles prestigieuses. Ils seront au Sébastopol à Lille le 9
novembre.

Pendant que j'y suis, demain soir à 19 heures à l'espace Le Carré une vingtaine d'artistes font leur vernissage. Là aussi il y aura beaucoup de qualité. Je
suis allé à l'installation il y a quelques jours et ça donnait déjà envi. Il y aura des performances et à coup sûr une bonne ambiance.
Je refais de la pub pour le festival des littératures "gays" qui aura lieu à Lille du 20 au 28 octobre. En plus de l'intérêt de découvrir des artistes, des poètes, des romanciers, des
essayistes, c'est aussi l'occasion de se rencontrer entre nous et de nous ouvrir à d'autres cultures. N'hésitez pas à venir !!!

Que ceux qui aimeraient venir n'hésitent pas à m'envoyer un mail !
Voilà un film sensationnel ! N'hésitez pas à aller le voir. Ames sensibles s'abstenir. Une jeune fille a confié à son copain qu'elle s'était pissée dessus. Une épidémie foudroyable a touché
l'Angleterre et tué tous ses habitants. Le scénario est classique des hommes mangent les survivants à partir du moment où ils sont contaminés. C'est effrayant et rapide. Les hommes deviennent de
véritables prédateurs, des félins. Heureusement l'épidémie se termine et les Etats-Unis organisent le rappatriment des survivants. Le film commence à ce moment là.
La personne qui m'accompagné a adoré et c'est quelqu'un qui a une grande culture cinématographique. Je pense donc qu'il s'agit d'une valeur sûre. A la sortie nous avons discuté avec l'ouvreur de
la salle, lui aussi était fan. Il nous a expliqué qu'il s'agissait en réalité de la suite de "28 jours plus tard" (que j'avais vu il y a une année et qui ne m'avait pas marqué outre mesure, mais
ici le réalisateur est différent). Le prochain opus, car il s'agit d'une trilogie, vous l'aurez compris, sortira l'année prochaine sous le nom de "28 mois plus tards" et là il sera question d'une
épidémie mondiale.
Le film soulève un certain nombre de problématiques mais je ne pense pas que ce soit le plus important à retenir (l'épidémie, la mort, le sentiment humain...). Ce qui m'a marqué c'est
l'esthétique du film, les images, la musique, les effets spéciaux, etc.
La bande son est de très grande qualité. Allez le voir dans une grande salle, même à l'UGC il sort en VO, et dîtes-moi ce que vous en avez pensé.
Pour la première fois de ma vie je suis passé à la télévision dans les journaux de France 3 région au sujet de la franchise médicale. Je suis impressionné de voir à quel point la "réalité" que
nous voyons sur les écrans n'est absolument pas celle que nous vivons. Mon propos paraissait clair, l'ambiance autour de moi paraissait détendue alors qu'il y avait beaucoup de tension, de
bruits, et nous avions tous froid, à l'écran cette scène était chaleureuse. Non seulement les médias ne donnent pas la réalité mais ils la transforment complètement quand ils ne l'inversent
pas.
Sur le terrain, dans les associations, dans les partis, sur les marchés j'observe un ressentiment fort contre Nicolas Sarkozy de la part de gens qui ont parfois voté pour lui. Dans les médias la
contestation semble inexistante.
Tout cela me donne finalement confiance en l'avenir car la réalité renvoyée par la masse médiatique ne me plaît pas. Dans la population, parmi beaucoup d'intellectuels, dans les revues sérieuses
(Débat, Commentaires, Esprit, Critique...) une réflexion très intéressante sur l'économie, sur le tissu social, sur la croissance, se constitue et je pense que dans les mois et les années qui
viennent une opposition de gauche et de droite va se constituer qui pourra faire face à se vent de fumée sarkozyste.
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