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Julien Baete

julien-baete.jpgBientôt ici des pages consacrées à Julien Baete, artiste.

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Djamel Tatah

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 











Francis Moreeuw

Francis Moreeuw est un artiste lillois. Allez voir son site.
Ci-dessous une partie de la  série des "Saint Georges"
(1 ; 2 ; 4 ; 5). Vous voyez ici seulement la partie gauche du tableau.








































































































Images Aléatoires

Lundi 20 août 2007
Il serait intéressant de mener une petite étude sur la fonction des descritptions dans le récit de Jonathan Littel. Je pense en particulier aux descriptions de paysages. Les autres descriptions, ruines, bâtiments, camps, portraits, prennent place dans le récit de manière attendue. Les paysages, eux, ne s'intègrent pas au récit. Ils seraient plutôt des articulations entre les différentes parties. Des espèces de souffles entre les paragraphes, des respirations, des fenêtres ouvertes, certes parfois glaciales, mais qui donnent lumière et respiration, pour donner au lecteur la force de cheminer de Mauthesen à Auschwitz, de Budapest à Berlin. Il y est presque à chaque fois question de campagne, de fôrets, de météo, de soleil :

Toute la région reposait sous la neige, une couche épaisse, souvent saupoudrée de la suie des mines et  des cheminées d'usines, une sale dentelle grise. Dans le camp elle était presque noire, tassée par les pas de milliers de détenus, et mêlée à une boue figée par le gel. p. 771.

J'aime dans cet extrait l'expression : la région reposait sous la neige, car évidemment on pense tout de suite aux corps laissés à l'abandon qui gisent et qui "reposent" sous la neige dans les camps, en cet hiver 1944. Peut-on imaginer que la région se reposait ? Pourtant, oui, parfois Auschwitz se reposait.

J'aime aussi l'oxymore boue figée. Puis cette utilisation des couleurs. Les descriptions dans Les Bienveillantes ne sont jamais compliquées, ni très recherchées. Elles ressemblent souvent à des images d'épinal : "le soleil se levait sur la pleine endormie". Elles permettent au lecteur de reposer  son cerveau et ses sens, de manière souvent inattendue, afin que le repos soit encore meilleur. Si ça ce n'est pas glauque. Et quand je dis glauque je pense à la couleur vert
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Dimanche 19 août 2007
Je porte un regard de plus en plus interrogateur sur le pavé de Jonathan Littell. Nous ne savons pas encore, ou du moins je ne sais pas, si l'auteur de Les Bienveillantes est malveillant, mais toujours est-il que son récit est boulversant et particulièrement bien écrit.

Certains critiquent relèvent les fautes de goût à commencer par les anglicismes se demandant  si le texte n'a pas été à l'origine écrit en anglais. Pour ma part je mets de côté de tels types d'énoncés. Bien sur il doit y avoir des maladresses, et il est toujours aisé de les repérer. Mais l'ensemble est tellement énorme, le récit est si intelligemment conduit, les évocations nous donnent tellement à voir, qu'il me semble que le contrat entre l'auteur et le lecteur est rempli : oui la lecture nous donne du plaisir (aussi dérangeant que cela puisse paraître) et au-delà permet d'affuter notre regard sur cette période.

Il demeure ma question initiale : l'auteur est-il malveillant ? Voilà qu'encore une fois  l'éthique et l'esthétique se tiennent la main. Je ne parviens pas à répondre à cette question. Je comprends qu'une phrase comme "Qu'est-ce que c'est, mille Juifs ? De la poussière." peut heurter nos sensibilités. Ici ou là des incises descriptives lyriques ou des saynètes burlesques obligent à s'interrompre et à prendre des distances vis-à-vis du récit. Le lyrisme et le burlesque dans ce texte historique serait un peu comme des paneaux qui nous disent : attention ce livre est un roman.

Le narrateur dailleurs, de manière parfois très discrète, interpelle directement son lecteur, pour l'entretenir sur son récit ; comme pour lui dire qu'il n'est peut-être pas nécessaire d'aller plus loin. Lui-même avertit son lecteur qu'il pense arrêter, que tout cela n'est peut être pas utile : "Moi je ne sais plus très bien. Des histoires, je veux bien en raconter ; mais alors en piochant un peu au hasard de mes souvenirs et de mes notes ; je vous le dit, je fatigue, il faut commencer à en finir."(p. 719). Non seulement le narrateur n'en finit pas, mais ce qu'il a de plus difficile à raconter doit encore venir.

Je relis certains passages avec l'affirmation de ceux qui prétendent que ce livre est un prétexe à l'énonciation de thèses nazi. Je ne sais pas encore. Je vous dis, je relis. Pour l'instant je ne trouve pas. Je suis davantage marqué par l'aspect brillant de l'écriture. Pour l'instant donc je n'ai pas l'impression que Jonathan est malveillant. En revanche je me demande si ce n'est pas au lecteur de se poser cette question. Oui il peut y avoir des lectures malveillantes.  Nous le savons bien qui sommes des hommes !
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Samedi 18 août 2007
De quel roman célèbre est tiré cet extrait ?

Je m'achetai seulement un nouveau gramophone, avec des disques des Partitas de Bach au piano, ainsi que des airs d'opéra de Monteverdi. Le soir, dans la douce et archaïque lumière d'une lampe à huile, un verre de cognac et des cigarettes  à portée de main, je me renversais sur mon divan pour les écouter et oublier tout le reste.

Et non cet extrait n'est pas tiré d'un roman de Thomas Mann ou de Jean-Paul Sartre. Ce passage se situe à la page 670 des Bienveillantes.

Il y a des passages inattendus dans ce pavé. Par exemple, dans les pages 676-677, cette parodie d'enquête policière. Le narrateur lui-même emploie le terme de "caricatures" : Que me voulaient ces deux caricatures ? Deux policiers aux allures de détectives américains, distraits à la manière de Colombo, s'insinuent dans la vie privée du mal-héros. Jonathan Little s'amuse dans ce amas d'horreurs plus démentes les unes que les autres.
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Vendredi 3 août 2007
J'ai lu avec plaisir et émotion les mails que vous m'avez envoyés. Un certain nombre concernait le conflit israëlo-palestinien.

Il est facile et combien impudique d'écrire au sujet d'Israël quand sa chair n'est pas concernée par le conflit.

Ceci dit, pour la première fois depuis l'attentat d'Itzaq Rabin, je sens une note d'espérance pointer à l'horizon. L'initiative de Tony Blair et du quartet laissent entendre la possibilité de créer un état palestinien en Cisjordanie. Israël semble plutôt favorable à cette solution d'autant qu'elle l'a plus ou moins cherchée depuis un moment en isolant la Cisjordanie de Gaza. Quid de Gaza, la question reste pour le moment en suspend. Isoler le hamas ? Certes l'espérance est maigre mais pour la première fois depuis plus de dix ans on imagine à nouveau des solutions. Pourquoi pas ? C'est toujours quand une solution est la plus improbable qu'elle finit par survenir.

J'ai eu des soucis de maintenance avec overblog. La plateforme ne fonctionne pas bien sur les mac. j'ai résolu le problème avec Firefox mais ce n'est que provisoire car je ne peux consacrer 16 mo de mémoire pour un blog. Je vais peut-être devoir déménager.

Je suis depuis quelques jours dans Une vie divine de Philippe Sollers. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours été frileux avec cet auteur. Peut-être est-ce son goût pour les médias qui me rebutait. Les heures ne se comptent plus quand vous êtes dans Sollers. Il parcourt le monde, la vie des blondes, le couple, avec sérieux, ironie, et un style "chercheur". Je m'amuse, une lecture pour l'été.
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