Quand je lis Richard Brautigan j'ai l'impression de faire un retour dans mon cerveau
de vingt ans. C'est comme cela que je voyais le monde et comme cela que je me le disais, avec de la naïveté, plein d'envies, de la poésie, toute surface se chargeant et se rechargeant d'impressions
futiles et inutiles.L'avortement est un très joli roman, plein de fraîcheur, de jeunesse, de spontanéité, un livre qu'on lit en souriant. Publié en 1971 l'écriture est moderne, inventive, curieuse. Un jeune bibliothécaire a pour mission de réceptionner tous les livres écrits par nous qui n'avons pas suffisamment de talent pour être publiés. Un jour il réceptionne une jeune fille. Commence une histoire d'amour bouleversante.
Extraits :J'avais d'ores et déjà manifestement outrepassé le simple geste de prendre un livre qu'apportait cette étrange et gauche belle fille. Il fallait maintenant faire face à plus compliqué. Il fallait que je prenne ce corps étendu devant moi et que j'enlève ses vêtements de manière que nous puissions joindre nos corps comme un pont au-dessus d'un abîme. p. 56
Le whisky nous avait rendus un peu flaquedeboueux aux lisières de notre corps et aux lisières de notre esprit. p. 80
C'est étrange comme les choses simples de la vie continuent simplement tandis que nous, nous compliquons. p. 93
Tout le monde, bien entendu, regardait Vida. Je n'avais encore vu une fille attirer tant l'attention. C'était exactement comme elle m'avait prévenu que ce serait, sauf que c'était plus. p. 110







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