Dans le dernier numéro de La Revue Internationale des livres et des idées Yves
Citton s'interroge sur l'utilité des études littéraires. Je vous propose ici un résumé de son
article.
Yves Citton part du constat que le structuralisme n'est plus à la mode. Durant les années soixante et soixante-dix les anti-intellectuels se moquaient des narratologues, sémioticiens ou
autres poéticiens. Aujourd'hui les sarcasmes ne sont plus nécessaires. Plus aucun chercheur ne fait appel au structuralisme. Les psychologues, par exemple, ne s'intéressent plus à explorer la
logique du signifiant mais ils cherchent plutôt à défendre la famille hétérosexuelle. A quoi sert
le structuralisme ? A laisser des fumistes prétendre à une scientificité de pur apparat.
Jacques Bouveresse du Collège de France et Tzvetan Todorov tirent la sonette d'alarme. Le
philosophe Jacques Bouveresse, dans La Connaissance de l'écrivain, tente de réconcilier texte littéraire et vie. La littérature étouffe sous la critique savante, et on oublie que son
premier objet est de nous aider à résoudre nos problèmes de vie. Ce qui est devenu important au cours des décénies précédentes est le laboratoire du texte plus que le texte lui-même.
Tzvetan Todorov, penseur historique du structuralisme, dit la même chose dans son dernier ouvrage, La Littérature en péril. Le but de la littérature a été de "nous
faire
Le textualisme, terme dont se sert Jacques Bouveresse pour décrire cette tendance à s'arrêter au fonctionnement interne du texte (poétique, sémiotique, formalisme, narratologie...) est accusé d'avoir trois défauts. Tout d'abord les universitaires oublient que le texte parle de la vie, de ses questions, de ses dilemmes, autrement dit ils ont des contenus. Il n'y a pas que la forme langagière qui porte à interprétation. Le deuxième défaut est le fils indigne du structuralisme : la déconstruction qui conduit à douter des valeurs mêmes qui soutiennent l'oeuvre. Enfin, le troisième défaut est le solipsisme : puisque l'oeuvre, pour les formalistes, est autosuffisante, qu'elle n'a pas de contact avec le monde extérieur, par conséquent l'oeuvre "est en soi-même le seul être existant".
Yves Citton regrette que ces deux livres puisent leurs exemples dans une littérature
historiquement précise (1850-1950) et exclusivement dans le roman. Malgré cela il salue l'entreprise de dénonciation d'un enseignement insuffisant. Dans la suite de son article il relève les
arguments qui démontrent l'urgence de prendre le temps d'une socialité littéraire (cf. "A quoi servent les études littéraires ? (2))












Derniers Commentaires