Ici Matine, probablement une des juments les plus douées de sa génération, avec le non moins doué Andreas Hegstrand. J'ai visionné leur nouvelle Kur (reprise libre en musique en allemand) et je
l'ai trouvée très en-dessous de sa reprise des championnats du monde (ci-dessous). Son passage est exceptionnel, surréaliste, impossible, sublime. Je remarque que ses changements de pieds
rapprochés sont, comme avec ses autres chevaux, un peu sur place, sans véritable projection en avant. Toujours est-il que regarder ce couple en photo, en vidéo est un vérible ravissement qui
repose, détend.
Cette photo est magnifique. La jument est au passage. Le cadre est
somptueux. L'ambiance semble détendue même si nous sentons bien que le cavalier est assis sur une bombe atomique et qu'il dompte cette dernière pour donner ce qu'elle a de meilleur. Regardez les
enfants qui applaudissent et la jumet qui fait sa fière. Ces deux là sont à croquer.

Je me suis appliqué à lire le livre de Yasmina Reza, L'Aube le soir ou
la nuit, sans lire la critique au préalable. J'ai bien fait car cette dernière descent l'ouvrage comme en-dessous de tout ce qui a été écrit depuis Saint Louis jusqu'au général. C'est
n'est probablement pas faux, mais il n'y a rien de plus facile sur terre que cette oeuvre de déconstruction qui se donne l'air d'être intelligente. Je choisis de me laisser aller à
m'amuser quelques heures à la rencontre de choix esthétiques fin de siècle, de questions morales de comptoir, et d'anecdotes croustillantes, faute de mieux cette après-midi, car entre faire ses
courses, regarder un treize heures idiot et lire un livre moyen d'un écrivain talentueux je choisis cette dernière oportunité. Ainsi je me suis amusé à bon compte, sans effort, comme pour me
détendre, car on ne peut pas lire de bons livres jour et nuit et jusqu'à l'aube. 
Merci donc à Yasmina Reza de m'avoir fait entrer dans l'intimité d'un homme de pouvoir. Vous vous êtes faites La Bruyère ou Saint Simon pour l'occasion qui décrit non pas seulement les
travers du monarque, travers d'homme, mais les travers de toute une cour, omnubilée par l'aimantation de l'or. L'homme paraît toujours petit face au pouvoir, jamais dans la virilité. Tous
s'écrasent.
Et lui, le présidentiable, angoissé par l'ennui, qui choisit le verbe pour séduire, et qui se confronte à habiller l'action. Et le verbe qui progressivemet habille l'action. Comme si, en cette
période post-moderniste, déstructuraliste, ne faisant plus confiance au langage, et par conséquent au sujet, à l'homme, le poignardant sans cesse, figurant à chaque instant son talon d'achille
aux yeux de tous, comme si le langage prenait enfin sa revanche pénible, montrant qu'il est finalement le plus fort, et qu'ainsi prenant le pouvoir il parviendrait, en dernière instance à nous
détruire tous.
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