JUILLET
JUIN
1. Valse avec Bachir ++++
2. JCVD
+++
3. Speed Racer +++
MAI
1. Un Conte de Noël ++++
2. Indiana Jones +++
3 . Rec
+++
AVRIL
1. Désengagement ++++
2. Passe Passe ++
3. Mongol +
MARS
1. L'heure d'été ++++
2. There will be blood ++++
3. J'ai toujours rêvé d'être un gangster ++
FEVRIER
1. Cloverfield ++++
2. Les Liens du sang +++
3. Rambo +++
JANVIER
1. Death sentence ++++
2. No country for old men ++++
3. Sweeny Todd +++
DECEMBRE
1. La nuit nous appartient +++
2. I'm not there +++
3. Elisabeth II
++
Bientôt ici des pages consacrées à Julien Baete, artiste.



J'ai adoré ce film. Vraiment un très bon moment. Il y a des instants délicieux. Je pense particulièrement à cette scène où un jeune amoureux déclare son
amour à jeune fille emprisonnée par son tuteur. Johanna ! Que c'était beau. Je suis un romantique, et crois que l'on peut aimer dans l'absence, au-delà des possibilités que la vie nous donne,
éternellement. Dans ce film on vous explique tout ce que l'amour peut vous faire faire. L'amour rend idiot, inconséquent, toutes nos actions sont dirigées vers une personne qu'on idéalise, qui
n'est absolument pas la personne réelle qu'un autre rencontrera. Cette personne vous rend idiot, stupide, fou.

Dans Sweeny Todd il n'y a pas que l'exposition de cet amour romantique, il y a aussi l'histoire d'une vengeance sanglante, incroyable. Il y a l'achèvement industriel et organisé de l'homme à
des fins non pas idéologiques mais pragmatiques. Incroyable également, mais l'histoire nous apprendra que cette extermination organisée, mécanisée est croyable, qu'elle ne fait pas
partie des romans noirs, mais qu'elle est au coeur de notre monde, de la volonté d'un peuple. Le film nous peint un monde dans lequel l'industrie naissante noircit la ville, comme si
l'industrialisation et le commerce participaient de cette oeuvre destructrice.

Sweeney Todd est une comédie musicale savoureuse qui vous enmène dans un univers malheureusement tellement pensable. Les mélodies sont agréables, l'anglais est savoureux.

A part Death sentence la qualité commençait à manquer au cinéma ces derniers temps. Le dernier opus des frères Coen était particulièrement attendu. Il n'a pas déçu. Il y
avait un monde fou dans la salle car l'UGC fait des offres qui permettent à des publics très étendus de visionner des oeuvres qui au départ ne leur étaient pas destinées. Beaucoup semblaient
surpris par la violence froide du méchant monsieur ci-dessus et par une narration très sportive, rythmée, avec des ellipses et donc des accélérations. Le moins que l'on puisse dire
c'est que l'on ne s'ennuie pas.

En deux mots l'histoire : un homme, genre cow-boy hispanique, découvre une paquet de dollars. Un autre homme aimerait bien les récupérer. Un policier suit l'affaire.

Il ne vous fait pas peur ? Vous pouvez, car il est vraiment méchant. Quand il tue, dans le seconde d'après il pense déjà à son prochain meurtre. C'est pas le genre à se poser des questions
inutiltes. On dirait pas avec sa coupe à la Mireille Matthieu.
Je n'ai pas du tout aimé ce film, ennuyeux, plein de bons
sentiments, facile dans le fond et dans la forme. Quand j'aurai le temps j'ajouterai quelques mots.

|
LE VIVANT MALGRÉ LUI.
Bien prendre garde à déchirer l’espace : LE BONHOMME NIHIL.
Nous entendons au plafond, au plancher 3. Au loin. LE VEILLEUR. Où en est la nuit ? L’AUTRE VEILLEUR.
Loin. Totale. Profonde. Pas encore dans LE BONHOMME NIHIL.
Vois-tu quelqu’un dedans ? |
.
La pièce dure plus de deux heures et on ne s'ennuie
pas. Il y a des surprises, des interpellations, des raisonnements abscons et pour autant, parfois, fins sans être lourds. Beaucoup de scènes prêtent à rire mais tout n'est pas drôle. Il y a aussi
de l'inquiètude dans ce texte. Le personnage se révolte de devoir mourir face au spectateur tout puissant qui est juge et Dieu ; et ce Dieu dont l'anagramme donne vide... Je suis pressé de
prendre le temps de lire la pièce car c'était ennivrant à écouter. J'ai retrouvé, surtout dans le début de la pièce, des modalisations d'Ailleurs d'Henri Michaux. Il est certain que
Valère Novarina crée un monde ou plutôt un cirque, si ce n'est un cimetière ou une tombe. Nous entrons dans la tombe de chacun et nous y dînons. Peut-être, c'est quelque chose comme cela que j'ai
ressenti.
Valère Novarina est aussi créateur d'oeuvres comme celles-ci :

Visite de Dante à Adam

Figures de pauvres
Valère Novarina, site très bien fait, agréable, même si on y trouve peu de textes

La Guerre selon Charlie Wilson fait parti des bonnes surprises. Je m'attendais à un navet, j'y allais pour détendre les neurones (ce que ça finit toujours par faire), et j'ai été à plusieurs
occasions saisi. Tout commence par un étalage des vanités du monde version Washingtown, par le portrait d'un député alcoolique, pas très sérieux, l'inverse du bon père de famille à la mode
aujourd'hui de l'autre côté de l'Atlantique. Et on se rend compte très vite que ce comique est plutôt intelligent, censé, sensible, bon. Son trip c'est de se faire des communistes. Ces derniers
installent des champs de mines partout en Afhganistan en prenant soin de joindre des jouets pour les enfants.
J'ai été particulièrement troublé quand dans le film des enfants sans bras interviennent non pas comme acteur mais comme enfants sans bras. Ils ne sont pas des illustrations, ils ne sont pas des
figurations, ils ne font pas parti du décor, ils sont des enfants sans bras. On ne leur a pas demandé de "jouer". Je sais que cela tient peut-être du procédé, mais cela est efficace.
Les américains ont secrètement versé 500 000 000 de dollars pour abattre des hélicos. Ils ont réussi. Le film regrète qu'ils n'aient pas voulu verser 1 000 000 de dollars en plus pour
reconstruire des écoles. Vous connaissez la suite.
J'ai participé ce soir à un forum organisé par Radio France au cinéma UGC de
Lille. C'était une émotion de voir là des noms bien connus dont les visages étaient eux presque toujours inconnus. Il y avait en particulier Jean-Paul Cluzel, président de Radio France, David
Kessler, directeur de France Culture et Patrick Roger, directeur de France Info, ainsi que tous les autres directeurs des radios du groupe : FIP, France Musique, France Inter, France Bleu, le
Mouv.
Il s'agissait évidemment d'une opération de relation publique. La salle était pleine avec des petits cadeaux et un film en prime, les questions convenues,les réponses encore plus. Cependant ce
n'était pas désagréable d'avoir l'impression de faire parti d'une espèce de famille dont les centres d'intérêts sont souvent proche d'une idée qu'on se fait de la vie de tous les jours car la
radio accompagnent souvent notre quotidien intime et révèlent qui on est. Ce n'est pas anodin d'écouter une radio du service public, et ce n'est pas anodin d'écouter la radio plutôt que de
regarder la télévision. Cela reflète notre manière d'être à l'écoute du monde, par un biais à la fois problématique mais aussi à d'autres égards convenu.
J'écoute, depuis que je suis célibataire, presqu'exclusivement France Inter, souvent par tranche de quarts d'heures. Il n'y a que le dimanche matin, quand je fais du ménage, que je
suis attentif à une ou deux émissions à la suite. France Inter est le type de radio qui vous donne l'impression de ne pas perdre votre temps quand vous faîtes quelque chose qui
semble inutile. Puisque je lis sans musique j'écoute très peu de musique. France Culture me barbe relativement vite. J'associe quand même ce divertissement à une détente. France Info je l'écoute
seulement quand je ne parviens pas à dormir.
A vrai dire je n'ai pas été sensible à cette écriture sans cesse dans l'aphorisme. C'est un peu lourd. Cependant la sérénité du dimanche combiné au silence de cette après-midi m'a fait goûter à
la sensibilité de la poétesse.
J'ai retenu quelques extraits :
[...] ce qui ne produit aucun bruit n'a pas d'existence. p. 20
Il suffirait que toute mon énergie
(confinat la rêverie à la plume) se laisse écrire pour qu'il existe entre moi et le personnage une vraie séparation possible. p. 25
Je suis dans cette illusion que les mots sont une partie vivante de ma chair. p.30
Rêver le monde juste au moment de la jetée deu regard. p.34
Confusion de tous nos silences, par où notre identité est dite. "La morale sera née parce que nous n'aurons pas tenu à parler : conne si cela était inutile." Ne pas parler c'était seulement
témoigner, malgré nous, pour la peur. p. 38
Par ailleurs lire dans cette collection est un véritable régal : la qualité du papier, couper les tranches
avec une lame dont c'est l'unique vocation depuis que nous recevons si peu de lettres, la couleur, l'odeur... vous aurez compris que j'ai un rapport au livre très biologique, charnel,
sensuel.



Je suis allé au théâtre voir une représentation
du texte de Louis Wolfson : Le Schizo et les langues à La Rose des vents de Villeneuve d'Ascq.
Pendant une bonne heure une personne schizophrène nous livre son intériorité déchirée.
J'ai particulièrement bien aimé le jeu du seul acteur qui débite une logghorée fascinante.
Je reprends les mots de Sylvie Reteuna, metteur en scène : [...] on retrouve dans ce texte cette imagination née de l'impuissance à se conformer dont parle Henri Michaux à propos des
productions de certains "malades" et qui fait de ces oeuvres des machines de guerre contre l'ordre établi, le pouvoir, qu'il soit politique, familial ou linguistique, autant que l'écho - souvent
tragique, mais parfois aussi plein d'une jubilante ironie - d'une angoisse universelle.
Aujourd'hui on peut tout acheter, comme si l'achat permettait de
contrôler sa vie. Un homme paie un tueur pour mettre fin à sa vie. Le tueur ne le sait pas. Scénario banal, mise en scène aussi, réalisation parfois réussie. Malgré tout j'aimé car je ne vais pas
au cinéma pour gouter à la perfection formelle. Si un film m'entraîne je suis content et je passe un bon moment. C'était le cas.
J'ai pris l'habitude d'aller au cinéma très régulièrement. Presque tous les soirs. Voici les trois derniers films que je suis allé voir et que j'ai diversement apprécié.
Commençons par le plus nul : Dante. Ce qui m'a attiré là c'est
Lambert Wilson. J'ai toujours eu un petit faible pour ce cavalier, élégant... qui surjoue toujours... Cependant le film est très nul, ennuyeux, et pas une seconde on entre dans l'histoire. J'ai
fait l'effort de rester jusqu'au bout. Quand même un mot sur l'histoire : des criminels intergalactiques se retrouvent dans une prison près de la planète Dante. Des psychiatres corrompus (vous en
connaissez qui ne le soient pas ?) font des expériences. Heureusement il y a Lambert Wilson. Malheureusement il pleureniche du début à la fin du film. C'est lourd, on y croit pas, on n'a pas envi
d'y croire. L'esthétique aurait pu sauver le vaisseau mais la faiblesse des moyens rendaient la chose surranée.

J'ai passé un bon moment avec Je suis une légende. Il fallait bien que ça arrive un jour : à force de guérir les maladies un virus est devenu résistant et a décimé toute la
planète. Le virus est très sympathique car il provoque une rage incroyable. Les hommes sont des chiens, genre rotweiler, qui ne supportent pas la lumière. Il y a quelques survivants infectés qui
rendent la vie difficile à Will Smith. Vous l'avez compris, Will Smith est une légende, ou du moins le devient. Pourquoi ? Devinez ! Cinq secondes devraient suffir. Il va trouver un vaccin et
ainsi la vie va renaître sur terre : au revoir New-York, bonjour le jardin d'Eden.
Le problème de ce film c'est qu'on avait deviné la fin juste d'après l'affiche. L'atout c'est que ça marche quand même. J'ai eu super peur. J'ai fermé les yeux. Je me suis agrippé à mon voisin.
J'ai planté mes ongles dans ces bras. Il m'en veut encore. Lui, il n'a même pas eu peur qu'il dit. Bref... un bon divertissement.

Et enfin le meilleur film de ma semaine de cinéma : Détention secrète (Rendition). Même si l'affiche ne présage rien de bon : Washington, les gentils, les méchants, même si c'est un peu
ça, un moralisme à bon compte, il demeure que ce film se hausse un peu au-dessus de la moyenne.
Brièvement l'histoire : un homme est suspecté d'avoir donné des renseignements pour un groupe terroriste en Egypte. Les USA le renvoie donc, de manière secrète, au Caire, où il est torturé. Ainsi
la problématique est posée : comment un état démocratique peut-il cautionner la torture ?
Le film n'arrête pas de faire des allers-retours entre Washington et une ville type du bassin méditéranéen. Les figurations dépassent les topoïs habituels. On aime ce moyen-orient, plein de
couleurs, l'arabe est joliment mis en valeur, les sentiments orientaux sont nobles face à ce que nous présentons comme notre "civilisation".
C'est un thrillre qui fonctionne bien.


Je découvre par hasard ce compositeur-philosophe-sociologue de l'école de Frankfort. J'aime les hasards. Mes plus grandes découvertes esthétiques, philosophiques, littéraires je les ai faites
parce que j'ai aimé la couleur d'une couverture dans une vitrine. C'est souvent ce que l'on ne cherche pas qui est le plus édifiant, le plus agréable, le plus pérène dans nos vies. Je me régale
d'avance de la prochaine lecture de Minima Moralia. Je me suis arrêté sur ce livre parce que le nom "Adorno" m'est apparu complètement "romantique", neuf.

Parmi les concepts sur lesquels se replia la morale bourgeoise après la dissolution de ses normes religieuses et la formalisation de ses normes autonomes, celui de l'authenticité occupe la
première place. (p.209, choisie au hasard).
C'est typiquement une lecture qui me prendra plusieurs semaines. La philosophie a besoin de s'inscrire dans notre temps quotidien pour être digérée.
J'ai commis une petite erreur à propos de ce livre (voir plus
bas). Je l'ai finalement lu et j'ai été déçu. Pas un instant je ne suis entré dans l'histoire. Au niveau de l'écriture c'est contemporain, et c'est peut-être ce qui sauve le livre. Pour ce qui
est de la mimésis c'est plutôt décevant. Rien d'autre à dire.
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